Quels sont les pesticides autorisés dans l’agriculture biologique ?

Publié le Mardi 28 Avril 2020 et mis à jour le Dimanche 10 Mai 2020 - Les actualités du Information

Certains consommateurs ne s’en doutent pas, mais une série de produits phytosanitaires clairement définis peuvent être utilisés dans l’agriculture biologique. Nous vous les détaillons dans les lignes qui suivent.

Pesticides agriculture biologique

L’agriculture biologique utilise-t-elle des pesticides ? Bien qu’un peu provoquante, cette question a une grande importance pour les consommateurs, qui pensent généralement qu’aucun produit de ce genre n’est utilisé dans l’agriculture biologique. Cette confusion est sans doute liée à l’amalgame qui est généralement fait entre « pesticides » et « produits chimiques ».

Des pesticides issus ou dérivés de substances naturelles

Si une série de produits phytosanitaires sont bien autorisés par le règlement européen qui encadre l’agriculture biologique en France, il doit s’agir en priorité de « substances naturelles ou substances dérivées de substances naturelles ». L’idée, derrière cette réglementation, est de veiller à ce que les produits utilisés puissent se dégrader naturellement sans avoir d’impact sur l’environnement.

Parmi ces produits, on retrouve par exemple :

  • la laminarine, une molécule extraite d’une algue ;

  • la pyréthine, un insecticide issu de la chrysanthème.

Contrairement à l’agriculture traditionnelle, l’agriculture biologique est donc supposée utiliser en priorité ce type de produits phytosanitaires.

Des composés minéraux issus de l’industrie chimique

La réglementation européenne permet également, dans « des cas exceptionnels », l’utilisation d’intrants chimiques, qui ne sont pas d’origine animale ou végétale. Cette catégorie de produits comprend :

  • l’hydroxyde de calcium ;

  • l’huile de paraffine, issue du raffinage du pétrole ;

  • différents composés de cuivre (bouillie bordelaise, hydroxyde de cuivre, etc.).

Un problème épineux est que, dans le cas de certaines cultures, ces composés sont les seuls réellement efficaces pour lutter contre certaines maladies, et sont donc largement utilisés. Leur caractère « exceptionnel » tend alors à disparaître. C’est notamment le cas du cuivre dans la culture de la vigne, qui est le meilleur allié du viticulteur contre le mildiou.

Des limitations à l’usage d’intrants chimiques

L’Europe a récemment décidé de prolonger pour sept ans l’utilisation de tels composés dans l’agriculture biologique. Les quantités maximales sont toutefois limitées. Ainsi, pour le cuivre, le maximum par hectare et par an est de de 6 kg en moyenne sur 5 ans, et de 4 kg en moyenne sur 7 ans.

Notons que les composés cuivrés – qui sont le pesticide le plus retrouvé sur les aliments biologiques – sont controversés au sein même de l’agriculture biologique. Au-delà de ses effets sur la santé humaine, le cuivre ne se décompose pas non plus dans le sol, ce qui peut poser des problèmes environnementaux. Des alternatives doivent toutefois encore être trouvées pour pouvoir totalement s’en passer.

C’est le règlement CE 889/2008 de la Commission européenne qui encadre la pratique de l’agriculture écologique en Europe. Comme son nom l’indique, ce texte réglementaire a été publié en 2008. Il a toutefois fait l’objet de différentes modifications au fil des années, afin de coller au mieux aux évolutions des pratiques et des produits existants.